lundi 9 novembre 2026
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La menace de saisie des biens après Francfort révèle la peur de la République islamique face à la diaspora

La menace du système « Alaj » de saisir les biens des Iraniens qui manifestent à l'étranger, après le rassemblement de Francfort, révèle davantage la peur de la diaspora que la force.

Pourquoi c'est important : La menace de confiscation alourdit le prix à payer, pour les Iraniens de l'étranger, pour se joindre aux rassemblements en soutien à la révolution nationale.

La menace de saisie des biens après Francfort révèle la peur de la République islamique face à la diaspora
Photo d'archives ; Photo : Crannofonix News, CC BY 4.0, Wikimedia Commons

Dimanche 8 novembre, au lendemain d'un grand rassemblement des partisans du prince Reza Pahlavi à Francfort, la République islamique a utilisé le système « Alaj » pour menacer les Iraniens qui manifestent à l'étranger de poursuites judiciaires, de saisie de leurs biens et de suspension des services consulaires. Le reportage de DIAR sur cette menace montre que le message a une cible claire : ceux qui participent aux rassemblements hors du pays. Selon l'analyse des analystes de DIAR, le moment et la forme de cette menace traduisent moins la force que l'inquiétude du régime face à l'essor de ces rassemblements.

Le moment : après Francfort

Samedi 7 novembre, le prince Reza Pahlavi a reçu le Prix de la liberté 2026 au nom de la nation iranienne dans l'église Saint-Paul de Francfort, tandis que des milliers d'Iraniens se rassemblaient avec des drapeaux au Lion et Soleil dans l'Ostpark de la ville. Auparavant, la police de Francfort l'avait empêché de participer au rassemblement en raison de menaces attribuées à la République islamique, ce qui a soulevé la question d'une capitulation de l'Allemagne face aux menaces. Le rassemblement a eu lieu malgré ces pressions et a été largement couvert par les médias allemands et internationaux.

Le message d'« Alaj » est arrivé le lendemain. La séquence est parlante : un régime qui n'a pas pu empêcher le rassemblement par une menace sécuritaire tente désormais d'alourdir, pour chaque participant, le prix de la présence aux prochains.

Qu'est-ce que le système « Alaj » ?

Le système « Alaj » a été lancé en août-septembre 2026, avec la promotion des médias d'État. Les utilisateurs ont été invités à transmettre les coordonnées d'opposants à la République islamique à l'étranger via un site internet et des comptes indiqués sur des messageries ; « participer à un rassemblement à l'étranger » figure parmi les faits à signaler. Le régime a ainsi demandé aux citoyens de dénoncer leurs compatriotes.

Ce système s'inscrit dans une politique plus large. Ces derniers mois, l'appareil judiciaire de la République islamique a ordonné l'identification et la saisie des biens et des comptes bancaires de dizaines d'Iraniens de l'étranger, dont des employés de médias indépendants persanophones. Asadollah Jafari, chef de la justice de la province d'Ispahan, a déclaré ouvertement en mai-juin de cette année que saisir les biens des Iraniens résidant à l'étranger rend les rassemblements devant les ambassades « plus vides, plus faibles et plus désespérés ». L'objectif affiché par les responsables judiciaires eux-mêmes est la dissuasion, non la justice.

Pourquoi cette menace est un signe de faiblesse

Un régime sûr du soutien de son peuple ne recourt pas à un système de délation ni à des menaces de confisquer maisons et comptes bancaires pour faire taire des rassemblements à des milliers de kilomètres. Selon les analystes de DIAR, trois facteurs expliquent cette inquiétude :

  • La légitimité internationale du prince Reza Pahlavi : ses voyages en Belgique et en Allemagne, ses rencontres avec des parlementaires et des ministres et le Prix de la liberté en ont fait en Europe le représentant reconnu de la volonté du peuple iranien.
  • Des visages à découvert : les participants aux rassemblements, y compris des femmes voilées à Francfort, viennent à visage découvert ; preuve que la peur de la répression transnationale a perdu son effet d'antan.
  • Le lien entre l'intérieur et l'extérieur : depuis le massacre des 8 et 9 janvier, les Iraniens de l'étranger portent la voix des manifestants de l'intérieur jusqu'aux parlements et aux médias occidentaux, et la République islamique voit dans ce pont une menace directe.

L'effet de la menace sur les prochains rassemblements

Pour de nombreux Iraniens de l'étranger qui ont une maison, des biens ou de la famille en Iran, la menace de saisie est un coût réel qu'il ne faut pas sous-estimer. Mais l'expérience des derniers mois montre que ces menaces n'ont pas réduit la participation : le rassemblement de Francfort a eu lieu des mois après le début des saisies et le lancement du système « Alaj ». Depuis le massacre de janvier, de nombreux Iraniens de l'étranger jugent leurs biens en Iran un faible prix au regard de la vie des victimes du soulèvement.

Dans le même temps, cette menace alourdit le dossier de la répression transnationale de la République islamique en Europe. Menacer des citoyens et des résidents de pays européens pour avoir participé à un rassemblement légal est précisément le comportement que les gouvernements européens ont maintes fois condamné, et chaque nouvelle preuve renforce les arguments en faveur d'une action plus ferme contre les réseaux de la République islamique en Europe.

Incapable d'empêcher le rassemblement de Francfort, la République islamique alourdit désormais le prix du prochain par des menaces de saisie des biens.

Sources de cet article · D'après 4 sources
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