mardi 27 octobre 2026
Proposer un lien

Mostafa Sepahvand devant un tribunal londonien : 150 000 livres pour nuire à un journaliste

Mostafa Sepahvand, accusé à Londres d'espionnage pour la République islamique, a reconnu devant le tribunal qu'un paiement de 150 000 livres était conditionné au fait de nuire à un journaliste.

Pourquoi c'est important : L'aveu d'une récompense conditionnée à une agression contre un journaliste montre que la menace de la République islamique contre les médias libres en Europe est réelle.

Mostafa Sepahvand devant un tribunal londonien : 150 000 livres pour nuire à un journaliste
Photo d'archive ; Photo : PopTech, licence CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons

Mostafa Sepahvand, l'un des trois Iraniens accusés à Londres d'espionnage pour l'appareil de renseignement de la République islamique, a reconnu lundi 26 octobre devant la Crown Court de Woolwich qu'un paiement de 150 000 livres en sa faveur était conditionné au fait de nuire à un journaliste. Il a aussi déclaré que 30 000 livres avaient été versées sur son compte, mais qu'il ne les avait pas retirées. L'audience ouvrait la quatrième semaine du procès.

Sepahvand, 41 ans, Farhad Javadi Manesh, 46 ans, et Shapoor Qalehali Khani Noori, 57 ans, sont poursuivis en vertu de la loi britannique sur la sécurité nationale pour des agissements susceptibles d'aider un service de renseignement étranger. Sepahvand est en outre poursuivi séparément pour surveillance et repérage dans l'intention de commettre des violences graves. Selon l'accusation, les cibles du réseau étaient Mojtaba Pourmohsen et Kambiz Hosseini, deux journalistes d'Iran International, et Jonathan Turner, cofondateur de UK Lawyers for Israel, figurait aussi sur la liste. Les trois accusés nient les faits.

La défense de Sepahvand et la réponse du procureur

Sepahvand affirme avoir coopéré sous la pression et des menaces téléphoniques, et n'avoir fait que semblant de coopérer pour protéger d'autres personnes. Il a dit n'avoir jamais vu aucun des journalistes ni fait de mal à quiconque, et que la partie iranienne lui avait fourni les adresses et demandé des vidéos comme preuve. Il a désigné un homme nommé Navid Emami comme un contact lié aux Gardiens de la Révolution à l'ambassade de la République islamique à Londres, qui selon lui lui a fourni les adresses et a fait pression sur lui.

Le procureur a déclaré à l'audience que les centaines de messages et de messages vocaux de Sepahvand parlent d'argent, des adresses des cibles et du règlement de ses affaires en Iran, mais ne mentionnent aucune menace. Selon le procureur, Sepahvand n'a cité le nom d'Emami qu'après la présentation des éléments tirés de son téléphone portable, et sa première défense écrite, en septembre-octobre 2025, ne le mentionnait pas. Le procureur a ajouté que Sepahvand aurait pu prévenir les cibles ou aller à la police, et que les deux autres accusés étaient aussi au courant du projet. Sepahvand a déclaré au tribunal qu'il fait l'objet de 32 affaires de vol en Iran et qu'il voulait les régler pour pouvoir rentrer en Iran voir sa mère.

Le procès se poursuit mardi 27 octobre avec l'examen des charges contre Javadi Manesh et Qalehali Khani Noori.

La répression transnationale des journalistes

Cette affaire est l'une de plusieurs dans lesquelles des tribunaux européens examinent le rôle de l'appareil de renseignement de la République islamique dans des projets de violence contre des opposants et des journalistes à l'étranger. Il y a quelques jours, le parquet espagnol a lui aussi désigné la République islamique comme commanditaire de l'attentat contre Alejo Vidal-Quadras.

Le principal accusé du procès pour espionnage à Londres a reconnu que sa récompense de 150 000 livres était conditionnée au fait de nuire à un journaliste.

Sources de cet article · D'après 3 sources
Pour commenter, connectez-vous ou inscrivez-vous.

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier.