Les réserves de brut de la République islamique, stockées à bord de dizaines de pétroliers dans les eaux asiatiques, étaient épuisées à la mi-octobre. Selon les analystes de la société de données maritimes Kpler, ces réserves, qui pendant les mois de guerre ont soutenu les ventes de pétrole à la Chine et constituaient l'une des dernières sources de devises du pouvoir, n'ont désormais plus de pétrole à livrer aux raffineries chinoises.
Homayoun Falakshahi, responsable de l'analyse du brut chez Kpler, a déclaré qu'il ne restait plus aucune cargaison à livrer à la Chine. Cette évaluation a été publiée par le Wall Street Journal le mercredi 21 octobre. Le blocus naval américain empêche la République islamique de faire sortir de nouvelles cargaisons du golfe Persique pour remplacer les réserves vendues.
De 192 millions de barils à zéro
Selon les données de Kpler, le pétrole flottant de la République islamique s'élevait à environ 192 millions de barils début avril et était tombé à environ 80 millions de barils fin août. Depuis que la marine américaine a repris le blocus à la mi-juillet, aucun pétrolier transportant du brut de la République islamique ne l'a franchi ; l'organisation United Against Nuclear Iran avait déjà fait le même constat sur l'arrêt des exportations de pétrole. Par conséquent, les ventes à la Chine ne se sont poursuivies qu'à partir des réserves stockées avant la guerre dans les eaux proches de la Malaisie et de la Chine.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait lui aussi déclaré auparavant qu'aucun pétrolier n'a été chargé sur l'île de Kharg depuis le mois d'août. Le Commandement central des forces armées américaines (CENTCOM) a annoncé samedi dernier que le blocus a jusqu'à présent privé la République islamique d'au moins 25 milliards de dollars de revenus pétroliers et limite la capacité de ce pouvoir à reconstruire les usines et les armements détruits pendant la guerre.
Les conséquences pour l'économie iranienne
La fin des réserves flottantes signifie que la République islamique perd sa dernière source de revenus pétroliers alors que l'économie iranienne est confrontée à une inflation sévère, à de vastes pénuries de biens et à l'effondrement du rial. Le paiement des cargaisons déjà livrées pourrait se poursuivre encore quelques semaines, mais aucune nouvelle cargaison n'est en route.
Parallèlement, Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères de la République islamique, a qualifié la levée du blocus naval de condition à un retour à la diplomatie ; une exigence qui montre à quel point la pression du blocus a frappé les revenus du pouvoir. Le prix de cette impasse n'est pas payé par les dirigeants du pouvoir, mais par le peuple iranien, à travers la vie chère et le chômage.
Avec la fin du pétrole flottant en Asie, la République islamique n'a plus de pétrole à vendre à la Chine.

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