Alicia Kearns, ministre de l'Intérieur du cabinet fantôme britannique pour le Parti conservateur, a signalé à la police métropolitaine de Londres la filiale britannique de « HispanTV », le réseau hispanophone de la radiotélévision de la République islamique (IRIB). Selon elle, l'entreprise a enfreint les règles du « dispositif d'enregistrement de l'influence étrangère » (FIRS), qui fait partie de la législation britannique sur la sécurité nationale. Mme Kearns a qualifié ces médias d'outil de façade du gouvernement de la République islamique et a critiqué la passivité de la police et du gouvernement.
En vertu du dispositif d'enregistrement de l'influence étrangère, toute personne travaillant pour des gouvernements hostiles au Royaume-Uni doit s'enregistrer auprès du ministère de l'Intérieur, et le refus est passible de cinq ans de prison. Toute la structure gouvernementale de la République islamique figure au niveau le plus élevé de ce dispositif.
Le lien avec Press TV
Les documents du registre britannique des sociétés montrent que la filiale britannique de HispanTV a été enregistrée au mois iranien de dey 1389 (passage de 2010 à 2011) avec un capital d'une livre et qu'elle est déclarée inactive depuis 2012. Son dirigeant et principal actionnaire actuel, Seyed Mehdi Mirtaleb, a été, selon son profil professionnel, producteur exécutif de Press TV à Londres de 2009 à 2020, et le fondateur de l'entreprise, Hamid Kheyroddin, avait lui aussi fait partie des dirigeants de Press TV. L'adresse enregistrée de l'entreprise, dans le nord-ouest de Londres, est selon les voisins vide depuis des années.
Press TV, le réseau anglophone de la République islamique, a perdu sa licence en 2012 après avoir refusé de payer une amende de 100 000 livres. Cette amende sanctionnait la diffusion d'un entretien avec le journaliste emprisonné Maziar Bahari, qui, selon le régulateur britannique des médias (Ofcom), avait été obtenu sous la contrainte ; un exemple des aveux forcés que la radiotélévision de la République islamique a diffusés à de nombreuses reprises. L'Ofcom a indiqué que HispanTV n'avait jamais disposé d'une licence de diffusion au Royaume-Uni.
La radiotélévision sous sanctions
La Ligue anti-diffamation (ADL) considère HispanTV comme l'une des principales tribunes de l'antisémitisme et de l'incitation contre Israël en Amérique latine. La radiotélévision de la République islamique est sous sanctions des États-Unis et de l'Union européenne, et le gouvernement espagnol a fermé en 2013 le bureau de HispanTV à Madrid dans le cadre des sanctions de l'UE. Ce signalement intervient après le procès pour espionnage à Londres sur l'identification de journalistes de médias indépendants persanophones et au milieu de la pression de députés britanniques pour que les employés des médias d'État de la République islamique soient enregistrés comme agents étrangers. La police de Londres et HispanTV n'ont pour l'instant pas réagi.

Une filiale de la radiotélévision de la République islamique restée enregistrée 15 ans au Royaume-Uni vient d'être signalée à la police au titre de la loi sur la sécurité nationale.

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