Tommy Pigott, porte-parole du département d'État américain, a déclaré mercredi 14 octobre 2026, dans un entretien avec Al Arabiya, que les États-Unis ont détruit la capacité de la République islamique à transférer de l'argent et du matériel à ses groupes supplétifs. Selon lui, Téhéran n'a désormais ni assez d'argent pour soutenir ces groupes ni moyen de leur en faire parvenir.
Pigott a également fait état d'un « progrès historique » dans la mise en œuvre de l'accord-cadre sur le Liban et a dit que le désarmement du Hezbollah est indispensable à la paix. L'accord, signé entre Israël, le Liban et les États-Unis sous la médiation du secrétaire d'État américain, confie au gouvernement libanais la responsabilité du désarmement du Hezbollah.
Différend sur 200 millions de dollars pour le Hezbollah
Le porte-parole du département d'État avait auparavant, dans un entretien avec Al Jazeera, jugé inexact le reportage de l'agence Reuters sur l'arrivée au Hezbollah de 200 millions de dollars en provenance de la République islamique, en disant que, même si cet argent était arrivé, il serait dépensé pour les activités du groupe et non pour les déplacés libanais. Reuters avait rapporté le 7 octobre que les intermédiaires avaient prélevé une commission de 20 % pour déplacer cette somme, les routes passant par l'Irak et Dubaï étant fermées ; quatre fois le taux habituel.
Sanctions contre les réseaux financiers des Gardiens de la Révolution
Le département du Trésor américain a sanctionné ces derniers mois plusieurs réseaux de transfert d'argent de la Force Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) vers le Hezbollah. Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, a dit le 10 septembre, en annonçant les sanctions contre le Kataëb Hezbollah en Irak et contre le réseau financier du Hezbollah, que Washington avait visé ceux qui se tiennent aux côtés du « gouvernement en échec » de la République islamique. Selon le Trésor, deux intermédiaires avaient fait parvenir des centaines de millions de dollars de la Force Qods au Hezbollah durant le premier semestre de l'année iranienne 1404 (de mars à septembre 2025), et l'estimation antérieure du ministère des fonds transférés au Hezbollah au cours des 10 premiers mois de 2025 dépassait un milliard de dollars.
Le 21 août, les États-Unis ont changé la qualification juridique du Hezbollah d'« organisation terroriste » en « force supplétive de la République islamique » et ont sanctionné 10 personnes pour avoir déplacé de l'argent par des convoyeurs voyageant en avion entre le Liban, la Turquie, les Émirats et l'Iran.
Ces déclarations interviennent alors que les exportations de pétrole de la République islamique sont tombées à zéro sous le blocus naval américain et que les revenus qui, pendant des années, ont financé les groupes supplétifs ont échappé aux mains du gouvernement. Bank of America a elle aussi été condamnée à une amende de plus de 1,2 milliard de dollars pour violation des sanctions.
Selon le département d'État américain, la République islamique n'a plus ni assez d'argent pour les groupes supplétifs ni moyen de leur en faire parvenir.

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