De nouveaux détails ont été révélés sur le procès de l'affaire de la place Shohada d'Ispahan, dans laquelle 10 manifestants du soulèvement de Dey ont été condamnés à mort. Trois sources au fait des audiences, dont les noms ne sont pas divulgués pour des raisons de sécurité, affirment que les aveux des accusés ont été obtenus par des coups, des électrochocs et des menaces de viol, et que les condamnations ont été signées par un juge qui n'a assisté à aucune audience.
L'affaire remonte aux manifestations du 8 janvier 2026 à Ispahan. Le parquet de la République islamique accuse les prévenus de la mort, cette nuit-là, d'Abbas Kamrani, colonel des Gardiens de la Révolution, et d'un sans-abri. En août-septembre 2026, la première chambre du tribunal révolutionnaire d'Ispahan a condamné à mort 10 des 16 accusés et les six autres à des peines allant jusqu'à 25 ans de prison. Les chefs d'accusation retenus sont « moharebeh », « complicité de moharebeh », « destruction de biens publics assimilable à moharebeh », « rassemblement et collusion » et « propagande contre le système ».
La torture pour des aveux forcés
Selon des sources présentes aux audiences, Mohammad Faridani, l'un des accusés, a déclaré devant le tribunal qu'un interrogateur lui avait infligé des électrochocs aux parties génitales et au cou avant de le frapper lui-même. Les sources affirment qu'au moins l'un des accusés a subi des sévices sexuels. Les accusés sont revenus sur leurs aveux devant le tribunal, mais ce sont ces mêmes aveux qui ont fondé le verdict.
Selon ces sources, Morteza Barati, qui présidait l'audience, n'a pas autorisé les accusés à employer le mot « torture », l'a fait retirer du procès-verbal et les a avertis que des allégations de torture entraîneraient des plaintes des Gardiens de la Révolution contre eux. Douze hommes masqués, que les sources considèrent comme les interrogateurs de l'affaire, étaient présents à chaque audience, et les objections des avocats à leur présence ont été ignorées.
Taraneh Rahimi et des vidéos qui ne montraient rien
Taraneh Rahimi, une jeune femme de 21 ans originaire d'Ispahan, a été condamnée à mort dans cette affaire, et sa sœur jumelle Romina à 25 ans de prison. Une vidéo censée, selon le procureur, montrer Romina remettant un sac contenant des cocktails Molotov a été diffusée trois fois à l'audience et, selon l'une des sources, aucune scène de ce genre n'y apparaissait ; elle a pourtant été citée dans son jugement. Une vidéo provenant du téléphone de Taraneh, qui selon son avocat avait été prise sur les réseaux sociaux, figure également dans son jugement.
Des condamnations que le juge du procès n'a pas prononcées
Selon les mêmes sources, les condamnations ne portent pas la signature de Morteza Barati et de Mohammadreza Tavakoli, les deux juges des audiences, mais celle de Mahmoud Kazemzadeh, un juge absent des audiences, et d'un conseiller nommé Mohammad Vakil. Trois juristes et professeurs de droit ont déclaré que si le jugement n'a pas été rendu par le juge qui a instruit l'affaire, cela est illégal même au regard des propres lois de la République islamique. Les avocats des accusés ont fait appel.

Ces condamnations menacent d'être exécutées alors que l'appareil judiciaire de la République islamique a annoncé dimanche l'exécution de trois manifestants du soulèvement de Dey à Karaj.
Dix manifestants d'Ispahan ont été condamnés à mort sur la base d'aveux qui, selon eux, ont été obtenus sous électrochocs et menaces de viol.
Commentaires
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier.