Le porte-parole de l'appareil judiciaire de la République islamique a déclaré lors de sa conférence de presse du mardi 6 octobre 2026 que 476 dossiers ont été ouverts et 163 actes d'accusation émis à ce jour en lien avec les deux guerres récentes. Ces chiffres ont été présentés dans une partie de la conférence intitulée « actions contre la sécurité et les intérêts nationaux ».
Selon l'agence de presse des droits humains HRANA, le porte-parole a indiqué que 250 de ces dossiers portent sur des accusations de « collaboration avec Israël et des États hostiles » et concernent 1 895 accusés. Selon lui, 70 actes d'accusation ont été émis à ce jour dans cette catégorie de dossiers. Il a ajouté que 94 des accusés travaillent dans les médias et que 1 801 sont de simples citoyens.
Confiscation de biens et opacité sur les accusés
Le porte-parole a également évoqué la saisie des biens des accusés, mais selon HRANA il n'a donné aucun détail sur l'identité des accusés, la nature des biens saisis ou les chefs d'accusation précis. Taire le nom des accusés et leur refuser l'accès à un avocat indépendant sont des constantes des tribunaux sécuritaires de la République islamique dans les affaires d'« espionnage ».
La présence de 94 professionnels des médias parmi les accusés coïncide avec un durcissement de la censure : le même jour, le Parlement de la République islamique a prévu la prison et le fouet pour quiconque parle aux médias indépendants persanophones à l'étranger.

Près de 1 900 personnes sont poursuivies dans les seuls dossiers de « collaboration avec Israël », pour la plupart de simples citoyens.
Contexte des poursuites pour « collaboration avec l'ennemi »
L'appareil judiciaire avait déjà publié des chiffres encore plus élevés. Selon Iran International, Asghar Jahangir, alors porte-parole de la justice, avait annoncé en juin que 3 121 personnes étaient poursuivies pour « espionnage et collaboration avec Israël » et que 2 406 avaient été arrêtées ; certaines l'ont été uniquement pour avoir détenu, acheté ou vendu du matériel d'internet par satellite Starlink. Gholamhossein Mohseni-Ejei, chef de l'appareil judiciaire, avait en outre ordonné la saisie des biens des personnes accusées de « collaboration avec l'ennemi » et les avait menacées d'exécution.
Les organisations de défense des droits humains ont averti à plusieurs reprises ces derniers mois que l'accusation de « collaboration avec des États hostiles » est devenue un instrument pour prononcer des condamnations à mort contre des prisonniers politiques et des personnes arrêtées lors du soulèvement de janvier ; parmi eux, Mohammad Naderi, prisonnier politique condamné à mort, condamné à mort pour « espionnage » et transféré à la prison de Ghezel Hesar, à Karaj.

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