La société de renseignement énergétique Kpler a annoncé que les stocks flottants traçables de pétrole de la République islamique restés hors de la zone du blocus naval américain sont désormais tombés à zéro. Selon les estimations de Kpler, les revenus de la République islamique tirés du brut transporté par mer cesseront de fait d'ici la mi-décembre, une fois réglé le paiement des cargaisons déjà livrées.
Avant le début de la guerre, le 28 février, la République islamique disposait d'environ 135 millions de barils de pétrole stockés sur des pétroliers. Ces stocks ont été vendus et épuisés pendant les mois du blocus. Les acheteurs paient généralement le pétrole un à deux mois après la livraison, c'est pourquoi les derniers revenus arriveront jusqu'en décembre. Le Commandement central américain a estimé le coût du blocus pour la République islamique à au moins 25 milliards de dollars de revenus pétroliers.
L'effet de l'arrêt des revenus pétroliers sur le budget de la République islamique
Greg Brew, analyste principal pour l'Iran et l'énergie chez Eurasia Group, affirme que la vente directe de pétrole finançait environ 30 % du budget du gouvernement. Selon lui, les dépenses civiles seront fortement réduites, mais les dépenses militaires, de la reconstruction de la production de missiles à la réparation des installations nucléaires, resteront stables ou augmenteront. Il voit dans le début du nouvel exercice budgétaire, fin mars, le véritable test et évoque un possible bouleversement économique.
Miad Maleki, spécialiste des sanctions à la Foundation for Defense of Democracies, estime la part du pétrole et des produits pétroliers, revenus indirects compris, à 50 à 60 % des recettes du gouvernement, et affirme que le pouvoir d'achat des Iraniens diminuera pas à pas. Selon lui, l'argent du pétrole servait à l'équipement militaire et au soutien au Hezbollah et au Hamas.
La part des Gardiens de la Révolution dans le pétrole
Le Trésor américain avait annoncé l'an dernier que la République islamique cède aux forces armées environ 200 000 barils de brut par jour, d'une valeur de plus de 10 milliards de dollars par an, pour qu'elles les vendent elles-mêmes. Greg Brew rappelle que les Gardiens de la Révolution (CGRI) tirent aussi des revenus hors du budget officiel de la contrebande et des réseaux de contournement des sanctions. Les exportations ne tomberont pas entièrement à zéro, et de petits volumes continueront par camion, par rail et via la mer Caspienne.
DIAR avait déjà rendu compte des marins des pétroliers iraniens piégés par le blocus et du resserrement des frontières terrestres de l'Iran.
Ses stocks flottants épuisés, la République islamique perd sa principale source d'argent liquide.

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