Abdolnaser Hemmati, gouverneur de la banque centrale de la République islamique, a affirmé dans un entretien avec Bloomberg que l'inflation, qui s'était fortement emballée après la guerre de 40 jours, s'était « atténuée » au cours des trois mois s'achevant fin shahrivar 1405 (22 septembre 2026). L'agence de presse officielle du gouvernement de la République islamique a publié ces propos vendredi 23 octobre sous le titre de la maîtrise de la « tendance rapide de l'inflation ». Les données disponibles, y compris les chiffres des propres institutions du régime, montrent une autre image de l'inflation en Iran.
L'affirmation du gouverneur de la banque centrale
Hemmati avait déjà déclaré lors d'une réunion du Fonds monétaire international à Bangkok que les affirmations sur l'effondrement de l'économie iranienne relevaient de l'« illusion », et avait présenté la maîtrise de l'inflation et la stabilisation des anticipations inflationnistes comme la priorité de la banque centrale. Ces derniers mois, il a aussi répété à plusieurs reprises que la crise monétaire du pays avait été « maîtrisée » et qu'il n'y avait pas eu d'inflation galopante.
Ce que montrent les données
Selon les chiffres du Centre statistique de la République islamique cités par Reuters, l'inflation annuelle a atteint 73,6 % en shahrivar (août-septembre), un niveau supérieur à celui des mois précédents et parmi les plus élevés depuis des décennies. Les données de Bonbast, site de suivi des taux de change, montrent que le rial a perdu près de 35 % de sa valeur face au dollar américain depuis le mois iranien de tir (fin juin).
Sur le marché de Téhéran, le dollar américain a atteint 272 000 tomans jeudi 22 octobre, et le coût d'un simple repas fait maison pour une famille de quatre personnes a dépassé deux millions de tomans, comme DIAR l'avait rapporté. Les loyers à Téhéran, Karaj, Ahvaz, Chiraz et Machhad ont jusqu'à triplé. Au même moment, Hamrah-e Aval et Irancell ont augmenté jusqu'à 40 % les tarifs des appels, SMS et internet dès les premières heures du vendredi 23 octobre.
Un ralentissement temporaire de la hausse mensuelle des prix, même s'il a eu lieu, ne signifie ni que les biens sont moins chers ni que l'inflation est maîtrisée : les prix continuent d'augmenter à un rythme de plus de 70 % par an, et la chute du rial, principal moteur de l'inflation importée, s'est accélérée ces derniers mois.
Le verdict de DIAR
L'affirmation sur la « maîtrise de la tendance rapide de l'inflation » est trompeuse. En mettant en avant une courte période, le gouverneur de la banque centrale cache que l'inflation annuelle, selon les propres statistiques du régime, dépasse 70 %, que le rial a perdu un tiers de sa valeur en trois mois et qu'une nouvelle vague de hausses des services de base a commencé cette semaine même.
Une inflation annuelle de 73,6 % et une chute de 35 % du rial depuis fin juin contredisent l'affirmation d'une inflation maîtrisée.

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