mercredi 21 octobre 2026
Proposer un lien

Ghalibaf et le Front Paydari : fracture dans la République islamique sur la fin de la guerre

La faction proche de Mohammad Bagher Ghalibaf veut finir la guerre avec les États-Unis sans perdre le levier d'Ormuz ; les durs traitent les médiateurs d'ennemis.

Ghalibaf et le Front Paydari : fracture dans la République islamique sur la fin de la guerre
Photo d'archive ; photo : Seyed Shahabbodin, Vajedi, licence CC BY 4.0, Wikimedia Commons

La fracture entre les factions de la République islamique sur la fin de la guerre avec les États-Unis et le rôle des médiateurs est devenue plus visible. Un courant du camp conservateur proche de Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement de la République islamique, souhaite une fin négociée de la guerre, mais veut conserver ses leviers militaires et économiques face aux États-Unis, en particulier le détroit d'Ormuz.

Le 18 octobre, le quotidien Khorasan, l'un des médias de ce courant, a présenté dans plusieurs commentaires et un entretien le détroit d'Ormuz comme l'atout maître de la négociation, sans dire combien de temps la République islamique peut tenir dans cette situation. Ehsan Salehi, conseiller d'Ebrahim Raïssi, a déclaré au même journal que l'entente d'Islamabad aurait dû être présentée à la population comme un acquis possible et qu'il ne fallait pas traiter les responsables de traîtres sans preuves.

Les durs et les doutes sur les médiateurs

De l'autre côté, le Front Paydari et des médias comme Kayhan et Javan s'opposent à toute concession à Washington. Sedaye Iran, le journal en ligne du bureau d'Ali Khamenei, a salué la médiation du Pakistan et d'Oman, mais a évoqué de sérieux doutes et affirmé que les États-Unis ne cherchent pas d'accord. Ali Gholhaki, activiste médiatique proche des principalistes, a affirmé que Sergueï Lavrov et Asim Munir étaient repartis de Téhéran les mains vides, et Ebrahim Rezaei, député, a qualifié l'un des médiateurs, sans le nommer, d'élément de la « guerre hybride » de l'ennemi. Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République islamique, a défendu la poursuite de la diplomatie.

Le Parlement ne décide pas

Ghalibaf a été réélu président du Parlement en mai avec 235 voix, mais le Parlement ne décide pas de la guerre et de la paix : les décisions du Conseil suprême de sécurité nationale doivent être approuvées par le guide de la République islamique. Cette fracture apparaît alors qu'Asim Munir, chef de l'armée pakistanaise, a quitté Téhéran après que Ghalibaf et Mohsen Rezaei ont insisté sur les conditions de la République islamique, et que le nouveau plan du Qatar et du Pakistan n'a toujours pas reçu de réponse claire.

La querelle entre les deux factions porte sur la manière de sauver le régime, et non sur le prix que la guerre et le blocus ont imposé au peuple iranien.

La faction de Ghalibaf veut finir la guerre en gardant le levier d'Ormuz, et les durs traitent les médiateurs d'ennemis.

0
Pour commenter, connectez-vous ou inscrivez-vous.

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier.