Iran Human Rights a alerté mardi 20 octobre 2026 que plus de 200 détenus de la prison de Ghezel Hesar, à Karaj, ont été transférés vers d'autres prisons, et que l'objectif de ce transfert est d'exécuter leurs condamnations à mort. Ces dernières années, Ghezel Hesar a été l'un des principaux lieux d'exécution en Iran.
Selon cette organisation de défense des droits humains, les détenus craignent que le transfert vers d'autres prisons ne leur retire la possibilité de faire connaître leur situation et ne facilite l'exécution des peines loin de l'attention de l'opinion publique. Disperser les condamnés à mort coupe leur lien avec leurs codétenus qui, jusqu'ici, faisaient sortir l'information sur les transferts à l'isolement et l'exécution des peines.
La protestation des détenus de Ghezel Hesar contre la vague d'exécutions
Au cours des deux dernières années, les détenus de l'unité 2 de Ghezel Hesar ont protesté à plusieurs reprises par des grèves de la faim contre la vague d'exécutions. En octobre 2025, environ 1 500 détenus condamnés à mort dans des affaires de drogue ont mené une grève collective pendant six jours. En juillet 2026, après le transfert de six condamnés à mort en cellule d'isolement, les détenus de cette unité ont de nouveau fait la grève de la faim et, selon HRANA, n'y ont mis fin qu'après que des responsables du pouvoir judiciaire et de l'Organisation pénitentiaire eurent promis une suspension de six mois des exécutions, un nouvel examen des dossiers et la prise en compte de leurs autres demandes.
Les détenus de l'unité 2 avaient dit auparavant que la reprise des exécutions reviendrait à fouler aux pieds ces mêmes engagements. Ce nouveau transfert massif, quelques mois après cette promesse, a redoublé la crainte des familles de voir les peines exécutées collectivement.
La machine à exécuter de la République islamique
Après le soulèvement du mois de Dey (décembre 2025 – janvier 2026) et la guerre, la République islamique a intensifié la vague d'exécutions, et de nombreuses peines sont exécutées sans annonce officielle et sans prévenir les familles, dont l'exécution de Hamid Mohammadi dans la prison de Bandar Abbas, que les autorités n'ont pas annoncée. Les prisonniers politiques de Ghezel Hesar ont eux aussi protesté contre cette tendance ces dernières semaines, comme Hamzeh Savari, qui a fait la grève de la faim en solidarité avec Mokhtar Al-Boshokeh.
Le transfert de plus de 200 détenus de Ghezel Hesar, avertit Iran Human Rights, ouvre la voie à des exécutions loin du regard de l'opinion publique.

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