Deux responsables, l'un professionnel et l'autre parlementaire, de la République islamique ont évoqué le lundi 5 octobre 2026 la crise du médicament en Iran : Hadi Ahmadi, porte-parole de l'Association des pharmaciens d'Iran, a déclaré que les difficultés d'approvisionnement de certains psychotropes essentiels s'étaient aggravées, et Salman Eshaghi, porte-parole de la commission de la santé et des soins du Parlement, a annoncé que des patients revendant leurs médicaments sur le marché en raison de difficultés financières avaient été identifiés.
Selon l'agence ILNA, reprise par Aftab News, M. Ahmadi a cité la réduction de l'accès aux matières premières comme l'une des principales causes de la baisse de production de ces médicaments. Selon lui, une part importante des matières premières de l'industrie pharmaceutique iranienne provenait auparavant de pays comme l'Inde, mais l'arrivée de ces cargaisons a été sérieusement perturbée ces derniers mois.
Routes de transport limitées et devises insuffisantes
Le porte-parole de l'Association des pharmaciens a évoqué la restriction des liaisons aériennes comme un autre problème, expliquant que le recours à des routes maritimes alternatives allonge les délais d'acheminement et alourdit les coûts pour les importateurs. Selon le même rapport, les devises allouées au secteur pharmaceutique représentent environ la moitié de la demande de l'Organisation des aliments et des médicaments et parviennent avec retard aux fabricants. M. Ahmadi a également indiqué que les médicaments introuvables en pharmacie se trouvent sur le marché informel à des prix plusieurs fois supérieurs. Des médias iraniens font état de pénuries de médicaments comme le clonazépam, la gabapentine et la fluvoxamine.
Vendre ses médicaments pour vivre
Selon l'agence Rokna, Salman Eshaghi a déclaré : « Nous avons identifié des patients qui reçoivent des médicaments pour se soigner, mais qui les vendent en raison de leur situation économique et de leurs conditions de vie précaires. » Il a ajouté que l'abondance de médicaments à Téhéran ne signifie pas que la situation est la même dans les autres provinces et a qualifié d'inefficace le système de traçabilité des médicaments (TiTek). Selon M. Eshaghi, certains patients abandonnent leur traitement faute de pouvoir en payer le coût.
Ces avertissements interviennent alors que le dollar a dépassé les 270 000 tomans sur le marché libre de Téhéran et que des informations font état d'une vague de départs d'infirmiers et d'une pression financière sans précédent sur les ménages.

Selon le porte-parole de la commission de la santé du Parlement, la pauvreté a poussé certains patients à vendre leurs propres médicaments.

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