lundi 19 octobre 2026
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La République islamique exécute Siavash Jamshidi, un manifestant arrêté lors du soulèvement de janvier à Shahrekord

Le pouvoir judiciaire de la République islamique a annoncé l'exécution d'un autre manifestant. Les organisations de défense des droits humains affirment que les exécutions liées aux manifestations ont lieu après des procès expéditifs et sur la base d'aveux forcés.

La République islamique exécute Siavash Jamshidi, un manifestant arrêté lors du soulèvement de janvier à Shahrekord

L'agence de presse Mizan, liée au pouvoir judiciaire de la République islamique, a annoncé le samedi 3 octobre que la condamnation à mort de Siavash Jamshidi Kheirabadi, l'une des personnes arrêtées lors du soulèvement national de janvier à Shahrekord, avait été exécutée.

Selon l'Agence France-Presse, la justice l'avait accusé de « moharebeh » (guerre contre Dieu) pour avoir sorti une arme et tiré, ainsi que de « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale ». La liste des chefs d'accusation annoncés comprend aussi des accusations telles qu'escroquerie, menaces, vol et détention d'une arme de guerre.

Les médias du pouvoir judiciaire affirment que le 8 janvier, il a tiré sur des agents dans la rue Nasser-Khosrow à Shahrekord. Cette affirmation repose sur des aveux qui lui sont attribués et qu'il est impossible de vérifier de manière indépendante. Les organisations de défense des droits humains ont maintes fois dénoncé le fait que les aveux des manifestants détenus sont obtenus sous la pression et la torture.

Vue de Shahrekord, chef-lieu de la province de Tchaharmahal-et-Bakhtiari. Photo : Alireza Javaheri, licence CC BY 3.0, Wikimedia Commons
Vue de Shahrekord, chef-lieu de la province de Tchaharmahal-et-Bakhtiari. Photo : Alireza Javaheri, licence CC BY 3.0, Wikimedia Commons

La campagne d'exécutions après le soulèvement de janvier

Les manifestations à l'échelle nationale ont commencé à la mi-décembre 2025 et ont atteint leur paroxysme les 8 et 9 janvier 2026. Selon l'Agence France-Presse, les responsables de la République islamique ont eux-mêmes fait état de plus de trois mille morts, et des organisations non gouvernementales affirment que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants.

Depuis mars dernier, des dizaines de manifestants ont été pendus à l'issue de procès qui ont parfois duré moins de deux mois.

Dans un communiqué du 10 septembre, Human Rights Watch a qualifié les exécutions liées aux manifestations de « campagne illégale ». Selon Amnesty International, entre le 18 mars et la fin du mois d'août 2026, les autorités de la République islamique ont annoncé l'exécution de 29 personnes en lien avec les manifestations, certaines ayant eu lieu en public. L'organisation a indiqué en août qu'au moins 60 personnes, dont trois enfants, risquaient d'être exécutées.

La République islamique a exécuté plus de 1 600 personnes en 2025, le chiffre le plus élevé depuis 1989.

Sources

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