lundi 9 novembre 2026
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« Vous êtes la lumière » contre « fétus et broussailles » : deux langages, deux regards sur les Iraniens

À Francfort, le prince Reza Pahlavi a qualifié les Iraniens de symbole du Lion et Soleil ; face aux étiquettes de la République islamique pour les manifestants, deux visions opposées de la nation.

Pourquoi c'est important : Le langage du régime envers les manifestants prépare les condamnations à mort ; le comparer à celui du Prince montre deux avenirs différents pour l'Iran.

« Vous êtes la lumière » contre « fétus et broussailles » : deux langages, deux regards sur les Iraniens
Photo : campagne « Nous reprenons l'Iran »

Le prince Reza Pahlavi a conclu son discours devant le rassemblement des Iraniens de Francfort par une phrase que son bureau de presse a republiée le dimanche 8 novembre 2026 : « Vous êtes le symbole du Lion et Soleil de notre pays ; levez-vous comme le lion et brillez comme le soleil. » En apparence, c'est une conclusion émouvante. Mais mise à côté du langage que la République islamique emploie depuis 47 ans pour s'adresser aux Iraniens, elle révèle une différence fondamentale : l'un voit dans le citoyen le maître du pays, l'autre une menace à contenir.

Le langage de la République islamique sur les manifestants

À chaque vague de contestation, la République islamique s'en est prise aux manifestants par les mots avant les balles et la prison. En juin 2009, Mahmoud Ahmadinejad a qualifié de « fétus et broussailles » les millions de personnes qui contestaient le résultat de l'élection. Les années suivantes, des mots comme « émeutier », « séditieux » et « agent de l'étranger » sont devenus la langue officielle des médias et des tribunaux du régime.

Depuis le soulèvement de Dey 1404 (janvier 2026), et surtout pendant la guerre, ces étiquettes se sont alourdies. Les actes d'accusation qualifient les manifestants d'« espions » et de « complices d'Israël », et ces mêmes accusations servent de base aux condamnations à mort. L'exécution de Hassan Divband, Hamid Kazemi et Reza Zanganeh à Karaj le même jour, et les 10 condamnations à mort de l'affaire de la place Shohada d'Ispahan, prononcées sur la base d'aveux arrachés sous la torture, montrent que dans la République islamique ce langage n'est pas que de la propagande : il est le prélude au verdict.

L'étiquette de « complice de l'ennemi » a une fonction claire : le citoyen qui proteste n'est plus compté comme membre de la nation, et sa répression est présentée comme une défense du pays. La même logique apparaît dans la nouvelle menace de la République islamique contre les Iraniens de l'étranger, qu'elle a menacés de saisie de leurs biens et de suppression des services consulaires.

Le langage du prince Reza Pahlavi

À l'inverse, le prince Reza Pahlavi s'adresse aux Iraniens, dans ses discours et ses messages, comme aux véritables maîtres du pays et au symbole de son identité nationale. Il a considéré le prix de la Liberté 2026 comme un dépôt confié par la nation iranienne et a dit qu'il le rendrait au peuple à Téhéran. À Francfort aussi, il a identifié son public au Lion et Soleil, un symbole lié plus que tout autre emblème à l'histoire et à la continuité de l'Iran, et que la République islamique a tenté pendant des années d'effacer de la mémoire collective.

La différence de ton renvoie à une différence de vision politique. Un régime qui tire sa légitimité de la « velayat » (la tutelle du juriste) voit le peuple comme des sujets qui doivent obéir et tient toute désobéissance pour une trahison. Un mouvement qui tire sa légitimité du vote et de la volonté du peuple ne peut que le reconnaître comme souverain. Le prince Reza Pahlavi a répété à maintes reprises que c'est le vote libre des citoyens qui décidera de la forme du futur régime de l'Iran.

Le lien avec le bilan de l'ère Pahlavi

Selon l'analyse de DIAR, une partie du large soutien au prince Reza Pahlavi en Iran et à l'étranger vient de cette comparaison même. Beaucoup d'Iraniens se souviennent des années d'avant 1979 comme d'une époque où la culture, l'art et le rayonnement international de l'Iran progressaient, et des quatre décennies suivantes comme d'une époque d'isolement, de pauvreté et de répression. Le slogan « cette nuit noire », entendu lors des soulèvements, naît de cette expérience.

C'est pourquoi la comparaison des deux langages compte. Le citoyen qualifié de « fétus et broussailles » ou d'« espion » n'a aucun droit aux yeux du régime. Le citoyen qualifié de « symbole du Lion et Soleil » est maître du pays et construit lui-même son avenir.

Ce que cette différence signifie pour la révolution nationale

Outre le combat politique, la révolution nationale iranienne est aussi une bataille pour le récit. La République islamique cherche à présenter les manifestants comme des étrangers et des ennemis pour justifier exécutions et confiscations. La réponse du prince Reza Pahlavi est de rendre leur dignité à ceux-là mêmes que le régime humilie. L'exécution de trois manifestants à Karaj le jour même où était publiée la phrase finale du discours de Francfort a placé ces deux regards côte à côte.

La République islamique traite les manifestants d'« espions » pour pouvoir les exécuter ; le prince Reza Pahlavi voit en eux le symbole du Lion et Soleil.

Sources de cet article · D'après 1 sources
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