Des responsables des pays arabes et du Royaume-Uni ont condamné, lors du 22e forum de sécurité « Dialogue de Manama » à Bahreïn, les attaques de la République islamique et de ses groupes supplétifs contre les pays de la région. Le forum s’est ouvert vendredi 30 octobre et s’est poursuivi samedi 31 octobre, alors que les médiateurs qataris menaient des discussions à Doha et que se renforçait la perspective d’une nouvelle frappe américaine après les élections au Congrès.
Salman ben Hamad Al Khalifa, prince héritier et Premier ministre de Bahreïn, a déclaré à l’ouverture du forum que la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et le Bab el-Mandeb est essentielle à la sécurité et à la prospérité de la région et du monde. Jassem Mohammed Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, a qualifié de tournant les attaques de la République islamique contre les États membres depuis le début de la guerre, soulignant que ces pays n’étaient pas parties au conflit mais avaient été pris pour cibles. Il a appelé à accélérer l’intégration militaire, à mettre en place un système d’alerte précoce antimissile et à appliquer la résolution 2817 du Conseil de sécurité, ajoutant que la porte du dialogue avec Téhéran restait ouverte.
Mise en garde contre une deuxième phase de guerre
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a averti qu’une deuxième phase de la guerre pourrait être plus dangereuse et plus destructrice, sans forcément aboutir à un résultat décisif. Il a appelé à des négociations sérieuses sur les missiles, les drones et la prolifération nucléaire. Walid Al-Khuraiji, vice-ministre saoudien des Affaires étrangères, a présenté la récente visite à Téhéran du ministre saoudien de la Défense, Khalid ben Salmane, comme faisant partie des efforts de désescalade et de soutien à la médiation du Qatar et du Pakistan, et a condamné les nouvelles attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite.
Stephen Doughty, ministre d’État britannique chargé du Moyen-Orient, a déclaré que Londres ne resterait pas indifférent aux attaques contre les civils, les infrastructures et les navires marchands. Il a qualifié la République islamique et ses supplétifs de menace sérieuse et affirmé que le Royaume-Uni s’oppose à ce que la République islamique se dote de l’arme nucléaire. Selon lui, la Royal Air Force a effectué des vols défensifs au-dessus du Qatar, de Bahreïn, de la Jordanie et des Émirats arabes unis, et fourni des équipements de défense aérienne à Bahreïn et au Koweït.
Liban, Yémen et Syrie
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, a exprimé sa solidarité avec les pays du Golfe face aux attaques de la République islamique et des groupes qui lui sont liés, affirmant qu’aucun pays n’a le droit d’utiliser des groupes armés hors du cadre légal de l’État. Le ministre des Affaires étrangères du gouvernement yéménite reconnu, s’appuyant sur un rapport d’experts de l’ONU, a accusé la République islamique de fournir armes, argent et soutien technique aux Houthis. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a condamné les attaques de missiles et de drones contre les pays arabes et indiqué que Damas étudiait une adhésion au pacte de défense de La Mecque, qui lie l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan.
Au Dialogue de Manama, les pays arabes et le Royaume-Uni ont désigné la République islamique et ses supplétifs comme la principale menace pour la sécurité régionale.

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