Ali Salehi, procureur général et révolutionnaire de Téhéran, a ordonné lors d'une réunion du groupe de travail dit « Chasteté et Hijab » que les pages sur les réseaux sociaux des circuits touristiques sans licence soient bloquées sous une semaine. Cet ordre, publié le vendredi 30 octobre 2026, déplace la pression du hijab obligatoire de la rue vers les entreprises du tourisme.
Lors de la même réunion, Salehi a appelé à recourir à la « participation du peuple » pour mettre en œuvre les programmes du hijab obligatoire, déclarant : « L'expérience a prouvé que partout où nous avons confié la tâche au peuple, nous avons obtenu des résultats positifs. » Il a également évoqué une réponse « ferme » face à ce qu'il a appelé des « réseaux organisés de promotion de la corruption ».
28 administrations inspectées
Selon le procureur de Téhéran, 28 administrations ont des obligations légales en matière de hijab, et l'Organisation d'inspection de la province de Téhéran doit examiner leur action d'ici un mois. Les responsables qui auraient manqué à ces obligations s'exposeront à une réponse « ferme et dissuasive ». Les dirigeants de ces administrations devront en outre adresser au parquet et au secrétariat du groupe de travail des rapports écrits et documentés sur leurs mesures. Salehi a aussi réclamé plus de sévérité sur la tenue des employés de la fonction publique.
L'ordre n'explique pas le lien entre une licence touristique et le hijab. La loi « Hijab et Chasteté », adoptée par le Parlement de la République islamique, considère les itinéraires et destinations des circuits comme des lieux d'activité commerciale et inflige des amendes aux organisateurs pour la tenue de leurs voyageurs. Cette même loi subordonne les licences commerciales au respect du hijab obligatoire, confie à la police la mise sous scellés des établissements et prévoit pour les plateformes en ligne des amendes allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires annuel.
Une loi suspendue mais appliquée
Le Conseil suprême de sécurité nationale de la République islamique a suspendu l'application de la loi le 14 décembre 2024, un jour après l'annonce de sa promulgation, et cette suspension reste officiellement en vigueur. Pourtant, la justice et la police en ont appliqué de fait certaines parties ces derniers mois : le 20 juillet, sept cafés-restaurants des rues Sanaei et Iranshahr, à Téhéran, ont été mis sous scellés, et les fermetures se sont étendues à Machhad, Ardabil, Racht, Minoudasht et Zarand. Des rapporteurs spéciaux de l'ONU avaient déjà demandé l'abrogation de cette loi, avertissant que ses sanctions financières pèseraient surtout sur les populations vulnérables.

Avec une loi officiellement suspendue, le parquet de Téhéran transforme les circuits touristiques en instrument d'application du hijab obligatoire.

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