vendredi 30 octobre 2026
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La plainte pour torture de Taraneh et Romina Rahimi confiée au juge d'instruction accusé de les avoir torturées

La plainte pour torture de Taraneh et Romina Rahimi, détenues du soulèvement de Dey à Ispahan, a été confiée à Mohammad Faridanizadeh, le juge d'instruction qu'elle désigne comme principal accusé.

Pourquoi c'est important : Confier une plainte pour torture à l'accusé lui-même montre que les manifestants de Dey n'ont aucune voie de recours dans l'appareil judiciaire de la République islamique.

La plainte pour torture de Taraneh et Romina Rahimi confiée au juge d'instruction accusé de les avoir torturées
Photo : diffusée par la famille

La plainte de Taraneh et Romina Rahimi, sœurs jumelles détenues à Ispahan lors du soulèvement de Dey, pour les tortures subies en détention a été confiée à Mohammad Faridanizadeh, le juge d'instruction que cette même plainte désigne comme principal auteur des tortures. Iran Human Rights a rendu l'information publique le jeudi 29 octobre 2026.

Selon Iran Human Rights, l'avocat des droits humains Amirsalar Davoudi avait déposé la plainte au nom des deux sœurs. Celle-ci affirme que Faridanizadeh était à la fois le juge d'instruction du dossier et l'auteur, en personne, de tortures physiques sur les accusées. L'organisation indique que les nouveaux avocats des deux sœurs sont systématiquement empêchés d'accéder au dossier et de l'étudier, et que l'on est sans nouvelles d'Amirsalar Davoudi.

L'affaire de la place Shohada d'Ispahan

Taraneh et Romina Rahimi font partie des 16 accusés de l'affaire dite de la « place Shohada d'Ispahan », jugés par la chambre 1 du tribunal révolutionnaire d'Ispahan ; dix d'entre eux ont été condamnés à mort. Taraneh a été condamnée à mort pour « moharebeh » et Romina à de longues peines de prison. Leur famille affirme que les condamnations reposent sur des aveux obtenus sous la torture et sous la menace de viol, et que leur mère n'a pas reconnu ses filles lors d'une visite à cause des traces de torture. Selon la famille, les avocats n'ont eu accès au dossier que le jour du procès. Une demande d'annulation des peines est désormais devant la Cour suprême.

Une plainte confiée à l'accusé

Les précédentes plaintes des avocats de cette affaire pour torture et violences sexuelles n'avaient pas abouti devant les tribunaux d'Ispahan. Avec cette décision, l'enquête sur l'accusation de torture revient à la personne même que les plaignantes en tiennent pour responsable. La famille des deux sœurs, avec des avocats britanniques spécialisés dans les droits humains, a saisi les mécanismes des droits de l'homme de l'ONU.

Taraneh et Romina Rahimi figuraient aussi cette année parmi les finalistes du prix Sakharov du Parlement européen. Mercredi, la rapporteuse spéciale de l'ONU Mai Sato a déclaré que la République islamique a exécuté au moins 34 manifestants.

L'enquête sur la plainte pour torture de Taraneh et Romina Rahimi a été confiée à un juge d'instruction lui-même accusé de les avoir torturées.

Sources de cet article · D'après 4 sources
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