Cet article fait suite à : L'ambassadeur de la République islamique au Pakistan : Ormuz contre la fin du blocus
L'agence de presse Tasnim, liée aux Gardiens de la Révolution, citant une « source informée », a qualifié de « mensonges et fantasmes » les informations sur une offre de la République islamique de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée du blocus naval américain. Ce démenti a été publié alors même que Reza Amiri Moghadam, ambassadeur de la République islamique au Pakistan, avait confirmé de sa propre voix cette même offre samedi 24 octobre lors d'un séminaire à Islamabad, un sujet que DIAR avait déjà traité dans son reportage sur l'ambassadeur de la République islamique et le détroit d'Ormuz.
L'affirmation : aucune offre n'a été faite
La source de Tasnim a déclaré que Téhéran n'avait fait aucune nouvelle offre aux médiateurs pakistanais et que la République islamique n'accepte « fondamentalement » pas l'équation détroit d'Ormuz contre blocus. Selon cette source, Téhéran maintient les sept conditions transmises auparavant par les médiateurs, et l'insécurité se poursuivra tant que toutes les exigences de la République islamique ne seront pas satisfaites. La source a aussi affirmé que la République islamique trouvera le moyen de contourner le blocus.
La réalité : c'est leur propre ambassadeur qui a annoncé l'offre
Amiri Moghadam a déclaré à Islamabad que lors des visites à Téhéran d'Asim Munir, chef de l'armée pakistanaise, Téhéran avait fait savoir aux médiateurs pakistanais qu'il rouvrirait le détroit d'Ormuz si Washington levait le blocus des ports iraniens. Il a accusé Donald Trump d'avoir rejeté l'offre en s'obstinant à maintenir le blocus et a affirmé que la République islamique restait attachée à des négociations dans le cadre de l'accord provisoire conclu en mai-juin grâce à la médiation du Pakistan et du Qatar.
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères de la République islamique, avait lui aussi déclaré auparavant que l'offre « de sept jours » pour rouvrir le détroit d'Ormuz était toujours sur la table. Autrement dit, ce que Tasnim qualifie de « mensonge » est exactement ce qu'ont dit l'ambassadeur et le ministre des Affaires étrangères de ce même régime. Le démenti de Tasnim ne visait qu'un reportage de la chaîne Al Arabiya et passait sous silence les propos publics de l'ambassadeur.
Le verdict de DIAR : trompeur
L'affirmation selon laquelle « il n'y a aucune offre » contredit les propos enregistrés des propres diplomates de la République islamique. Ces messages contradictoires de Téhéran interviennent alors que Donald Trump a déclaré samedi qu'il pourrait frapper « demain » ou parvenir à un « grand et bel accord », et que, selon The Hill, le Commandement central des États-Unis a préparé des options pour une nouvelle frappe après les élections de mi-mandat du 3 novembre.

L'ambassadeur de la République islamique a annoncé l'offre sur Ormuz, et l'agence des Gardiens de la Révolution l'a qualifiée de mensonge.

Commentaires
Aucun commentaire pour l'instant. Soyez le premier.