Les responsables de la République islamique rejettent l'affirmation américaine selon laquelle les Gardiens de la Révolution (CGRI) manqueraient d'argent et l'effondrement économique serait proche, alors que Masoud Pezeshkian, président de la République islamique, a lui-même reconnu que les frappes militaires et le blocus naval des ports du sud de l'Iran avaient créé des problèmes fondamentaux.
L'amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), a déclaré dans un message vidéo vendredi 16 octobre que le blocus naval et les frappes américaines avaient porté de lourds coups à la République islamique. Selon lui, les États-Unis ont empêché l'exportation d'au moins 25 milliards de dollars de pétrole brut iranien et, avec le département du Trésor, bloqué environ 350 millions de dollars d'actifs en cryptomonnaies liés à Téhéran. Cooper a également déclaré que, d'après les rapports dont il dispose, les groupes supplétifs alignés sur la République islamique dans la région retiennent les salaires de leurs forces afin de reverser l'argent aux Gardiens de la Révolution, et que les Gardiens de la Révolution eux-mêmes ne paient pas les salaires de leurs forces. Cette partie de ses propos repose sur des rapports dont il n'a pas cité la source.
La réponse des responsables de la République islamique
Abdolnaser Hemmati, gouverneur de la banque centrale de la République islamique, a qualifié fin septembre-début octobre d'« illusion » l'affirmation d'un effondrement de l'économie iranienne et a parlé de la résilience de l'économie. Les autorités ont également rejeté l'évaluation selon laquelle la pression économique aurait anéanti la capacité de Téhéran à soutenir ses alliés régionaux.
Pourtant, Masoud Pezeshkian a reconnu dimanche 18 octobre que les frappes et le blocus naval avaient créé de sérieux problèmes. Il a affirmé que la gestion de la consommation de carburant avait éliminé le besoin d'importer de l'essence pour 12 milliards de dollars et promis que les recettes tirées de la hausse du prix du carburant seraient reversées aux ménages sous la forme d'un coupon électronique légèrement plus élevé.
Une économie dont le peuple paie le prix
La Banque mondiale a prévu fin septembre-début octobre que l'économie iranienne se contracterait d'environ 7,7 % lors de l'exercice 2026-2027. L'inflation galopante, l'effondrement de la valeur du rial et la pénurie de biens placent sous pression la vie de 90 millions d'Iraniens, de la fermeture des frontières commerciales avec le Pakistan à la destruction de dizaines d'avions de ligne pendant la guerre.
Michael Knights, chercheur spécialiste des questions militaires au Moyen-Orient, estime que le financement du Hezbollah et des Houthis est sous pression et que Donald Trump espère qu'une République islamique appauvrie sera contrainte à la souplesse. Negar Mortazavi, chercheuse au Center for International Policy, affirme que la pression économique a limité les ressources militaires de Téhéran, mais ne change pas la stratégie des Gardiens de la Révolution.
Un gouvernement qui qualifie l'effondrement économique d'« illusion » promet dans le même temps un coupon plus élevé à la population, tandis qu'un commandant américain affirme que les Gardiens de la Révolution ne paient pas leurs forces.

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