Plusieurs citoyens iraniens ont signalé avoir reçu des SMS envoyés depuis un numéro appartenant à l'Organisation de renseignement du Commandement des forces de l'ordre de la République islamique (FARAJA), les avertissant que leur activité sur les réseaux sociaux est surveillée. Selon des témoignages de citoyens parvenus lundi 19 octobre 2026 aux médias indépendants persanophones, ces SMS promettent aux « contrevenants » des suites légales.
Dans l'un de ces SMS, dont des citoyens ont rapporté le texte, plusieurs articles du Code pénal islamique sont invoqués et il est affirmé que l'« approbation » et le « repartage », par le destinataire, de ce que le message appelle un « contenu criminel » sont à l'examen. On ne sait pas encore à combien de citoyens ni dans quelles villes ces SMS ont été envoyés, et la FARAJA n'a donné aucune explication à ce sujet.
La menace par SMS, nouvel outil de censure
L'envoi de SMS menaçants est une méthode que les organes de sécurité de la République islamique avaient déjà employée pour intimider les femmes dans l'application du hijab obligatoire et pour avertir les participants aux manifestations. Cette fois, la cible, ce sont les utilisateurs qui ont aimé ou repartagé un contenu sur les réseaux sociaux ; un acte que les lois de la République islamique érigent en délit au moyen d'étiquettes telles que « contenu criminel ».
Ces SMS sont envoyés alors que la pression sur la liberté d'expression s'est intensifiée après le soulèvement de janvier et pendant la guerre. Il y a quelques jours, le ministère des Sciences de la République islamique a rompu sa collaboration avec Farzad Kalbali, enseignant à l'université de Téhéran, pour des contenus « subversifs » sur les réseaux sociaux, et les universités ont elles aussi accru la pression sur les étudiants.
Surveillance des réseaux sociaux et restrictions d'internet
Depuis des années, les citoyens d'Iran sont confrontés à un filtrage généralisé, à des ralentissements et à des coupures d'internet, et sont obligés d'utiliser des outils de contournement pour accéder aux médias indépendants et aux réseaux sociaux. Menacer directement des utilisateurs pour un « j'aime » ou un repartage est une nouvelle étape de la censure, dont le but est de réduire au silence les voix critiques dans l'espace virtuel, le seul espace qui reste pour une discussion libre.
L'organisation de renseignement de la FARAJA a menacé par SMS des citoyens de poursuites judiciaires pour des « j'aime » et des repartages sur les réseaux sociaux.

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