lundi 19 octobre 2026
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Projet d'« économie de résistance » : dollar fixé à 28 500 tomans pour cinq ans

Le projet d'« économie de résistance », assorti d'une triple urgence, au Parlement de la République islamique, avec une inflation proche de 90 %, veut figer le dollar, dissoudre le marché des changes et supprimer l'aide en espèces pour la plupart des déciles.

Projet d'« économie de résistance » : dollar fixé à 28 500 tomans pour cinq ans

Un projet de 24 articles intitulé « Économie de résistance », assorti d'une triple urgence, a été diffusé pour recueillir les signatures des députés de l'Assemblée consultative islamique ; il propose un vaste contrôle de l'État sur les devises, l'or, les banques et le commerce. Le projet a été enregistré dans le système législatif du Parlement par Peyman Falsafi, député de Téhéran, et arrive alors que l'inflation en glissement annuel en Iran a atteint près de 90 %.

Selon le projet, la Banque centrale doit abaisser progressivement le taux officiel du dollar en deux mois, puis le maintenir fixe à 28 500 tomans pendant cinq ans. Le Centre d'échange de devises et d'or ainsi que les marchés commercial et négocié des devises seraient dissous, les exportateurs devraient vendre leurs devises à la Banque centrale sous 60 jours, toute transaction à un autre taux serait considérée comme de la « contrebande » et les sites publiant d'autres taux pourraient être bloqués.

Aide en espèces, or et banques

Le projet limite l'aide en espèces aux trois déciles inférieurs et supprime les versements aux autres déciles ainsi qu'aux Iraniens de l'étranger. Le bon alimentaire d'un million de tomans serait supprimé et il ne resterait qu'un bon ciblé pour les ménages à faibles revenus jusqu'au septième décile, dans la limite du budget. Le taux d'intérêt bancaire nominal serait ramené à zéro et les frais de prêt plafonnés à quatre pour cent.

La frappe et la vente de pièces, la vente de lingots et d'or non destiné à la bijouterie ainsi que la publicité pour l'achat d'or seraient interdites, et les transactions internes en devises, en or et en cryptomonnaies étrangères le seraient aussi, sauf dans les contrats antérieurs et le troc. L'importation de biens ayant un équivalent national serait interdite, et les prix intérieurs de l'énergie et des matières premières seraient dissociés du taux de change et des prix mondiaux. 20 % des ressources annuelles du Fonds de développement national seraient en outre affectés, avec l'autorisation du guide de la République islamique, à des prêts agricoles de cinq ans.

Inflation de 90 % et récession

Selon les chiffres du Centre statistique de la République islamique, l'inflation en glissement annuel de septembre a été de 89,8 % et l'inflation mensuelle de 4,2 %, tandis que les prix du groupe alimentation, boissons et tabac ont augmenté de 121,8 % par rapport à l'an dernier. Le Fonds monétaire international prévoit lui aussi une contraction de 7,6 % de l'économie iranienne cette année, et l'Institut de recherche monétaire et bancaire de la Banque centrale a estimé la croissance économique des trois mois jusqu'à août à moins 5,9 %.

Le projet d'« économie de résistance » ne fournit aucune estimation des réserves de change nécessaires pour maintenir le dollar fixe pendant les cinq prochaines années.

Le projet n'estime ni le coût de l'application de ces dispositions ni ne désigne de source de financement fiable. La proposition survient alors que les nouvelles sanctions américaines visant les pétroliers et les réseaux bancaires parallèles de la République islamique ont rendu plus difficiles l'accès du pouvoir aux devises et le financement des importations. Selon le projet, l'Organisation du plan et du budget devrait en outre soumettre au Parlement, sous trois mois, un budget rectificatif 2026-2027 fondé sur le nouveau taux de change.

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