Les organes sécuritaires et judiciaires de la République islamique ont pris pour cible les citoyens bahaïs de Yazd au moins 34 fois entre le 28 mars et le 15 octobre 2026, en moins de sept mois. HRANA, l'agence de presse du collectif Militants des droits humains en Iran, a recensé et publié ces cas vendredi 16 octobre.
Selon ce rapport, ces actions comprennent 11 perquisitions de domicile, 18 convocations à un interrogatoire, des peines de prison pour trois personnes et le transfert d'une personne en prison pour l'exécution de sa peine. Lors de ces perquisitions, les agents ont saisi des téléphones portables, des appareils électroniques, des livres, des photos et des objets liés à la foi bahaïe, et ont aussi confisqué le véhicule d'un citoyen.
D'une réunion aux perquisitions de domicile
Le premier cas a été recensé le 28 mars : des agents du ministère du Renseignement ont dispersé une réunion d'une cinquantaine de citoyens bahaïs rassemblés pour manger de l'ash (une soupe persane traditionnelle) et ont saisi leurs téléphones sans mandat judiciaire ; les téléphones n'ont toujours pas été rendus, malgré les plaintes de certains participants. Au mois iranien de Tir (juin–juillet), environ 12 personnes de ce même groupe ont été convoquées à un interrogatoire.
Le mois iranien de Shahrivar (août–septembre) a été le point culminant de ces actions : les domiciles de six citoyens bahaïs, dont Shahrokh Nasiri, Majid Ghane et Parnia Basiri, ont été perquisitionnés et six personnes ont été convoquées. Le 23 août, Iman Rashidi a lui aussi été convoqué pour l'exécution de sa peine et, après s'être présenté au parquet, il a été transféré en prison. Le 27 septembre, dixième anniversaire du meurtre de Farhang Amiri, citoyen bahaï poignardé à mort en 2016 devant chez lui à Yazd, une quarantaine d'agents de sécurité ont perquisitionné le domicile de la famille Amiri, et le soir même les domiciles de Payam Amiri, Neda Amiri et Mazyar Motahed ont aussi été fouillés.
Peines de prison
La 1re chambre du tribunal révolutionnaire de Yazd a condamné Flora Samadani et son mari Ahmad Jafari Naeimi, pour « activité de propagande déviante », respectivement à trois ans et un jour et à six mois et un jour de prison. Moein Mohammadi Dehaj, 39 ans, a en outre été condamné au mois iranien de Mordad (juillet–août) à 16 ans, sept mois et 18 jours d'emprisonnement discrétionnaire (taʿzir), 10 ans de privation de droits civiques et à la révocation définitive de la fonction publique.
La pression sur les bahaïs ne se limite pas à Yazd. Selon la Communauté internationale bahaïe, au 2 octobre, au moins 64 citoyens bahaïs en Iran étaient détenus ou emprisonnés et 19 autres purgeaient leur peine avec un bracelet électronique ou en permission ; l'affaire des 26 bahaïs de Chiraz, malgré leur acquittement en décembre 2022 et janvier 2023, a en outre été rouverte. Auparavant, la peine d'Iman Rahmatpanah, citoyen bahaï de Chiraz, avait été exécutée avec un bracelet électronique. La Constitution de la République islamique ne reconnaît pas la foi bahaïe et plus de 300 000 bahaïs iraniens sont privés de l'égalité des droits.
En moins de sept mois, les bahaïs de Yazd ont fait face 34 fois à des perquisitions, des convocations et des peines de prison.

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