Les meurtres de femmes en Iran se sont accélérés au cours du mois iranien de Mehr 1405 : au moins 84 femmes ont été tuées entre le début de l'année iranienne, le 21 mars 2026, et le 13 octobre, et 18 de ces meurtres ont eu lieu au cours des seuls 21 premiers jours de Mehr (du 23 septembre au 13 octobre). Ces chiffres proviennent d'un recensement de Radio Farda fondé sur les informations publiées et ne sont pas des statistiques officielles ; la République islamique ne publie aucune donnée complète sur les meurtres de femmes.
Selon ce recensement, dans 75 cas la victime connaissait son meurtrier, et dans 45 cas le meurtrier était son mari ou son partenaire, actuel ou ancien : plus de la moitié des femmes majeures ont donc été tuées par leur mari ou leur partenaire. Sur les 12 filles mineures, huit ont été tuées par leur père, leur frère ou un parent par le sang. Dans 10 cas, le mobile rapporté était le refus d'un mariage ou d'une relation, ou la décision de la femme de se séparer, et sept de ces dix meurtres ont été commis avec une arme à feu. Dans 13 affaires, le meurtrier a tenté de maquiller le crime en « suicide ». Deux femmes ont par ailleurs été tuées par des tirs de policiers. Les noms de 17 femmes tuées en Mehr n'ont même pas été rendus publics.
Maryam Yarmohammadi, le cas le plus récent
Maryam Yarmohammadi, 28 ans, originaire du Lorestan et habitant Qeshm, a été tuée le 5 octobre par son frère, avec l'aide de l'épouse de celui-ci. Son frère a été arrêté. Ce meurtre rappelle les affaires de Romina Ashrafi, une adolescente de 14 ans tuée par son père en 2020, condamné à seulement neuf ans de prison, et de Mona Heydari, dont la tête tranchée a été promenée dans Ahvaz après son meurtre.
Une loi qui protège les meurtriers
Le Code pénal islamique laisse dans les faits une partie de ces violences impunie. Selon son article 301, le père ou le grand-père paternel qui tue son enfant n'est pas soumis au talion (qisas) et n'encourt que trois à 10 ans de prison. Dans environ 70 % des informations, le mobile n'est même pas mentionné, et de nombreux meurtres sont enregistrés comme « différends familiaux ».
Le projet de loi sur « la préservation de la dignité et la protection des femmes contre la violence » n'est toujours pas devenu loi au bout de six ans. Il a été soumis pour la première fois au Parlement en 2020, adopté de nouveau en Conseil des ministres en septembre 2024, et la commission sociale du Parlement a annoncé son adoption au cours du mois iranien de Dey 1404 (décembre 2025-janvier 2026) ; mais selon le porte-parole du Conseil des gardiens, aucun texte adopté n'était parvenu à ce conseil pour examen en septembre 2026.
Un régime prompt à donner des ordres pour restreindre la présence des femmes dans les enceintes sportives et surveiller le hijab des avocates n'a toujours pas adopté de loi pour protéger la vie des femmes contre les violences domestiques.
Depuis le début de l'année iranienne, une femme a été tuée en Iran environ tous les deux à trois jours, et la plupart des meurtriers étaient les proches de la victime.

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