dimanche 18 octobre 2026
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Démission de Paknejad, ministre du Pétrole de la République islamique, sur fond d'affaire des intermédiaires et d'arrêt des exportations

Le gouvernement Pezeshkian a invoqué des raisons « personnelles » pour expliquer la démission du ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, mais ce départ intervient alors que les exportations de pétrole sont à l'arrêt sous le blocus naval américain et que la pression s'accroît sur le réseau d'intermédiaires chargés des ventes de pétrole. Hamid Bord a été nommé ministre par intérim.

Démission de Paknejad, ministre du Pétrole de la République islamique, sur fond d'affaire des intermédiaires et d'arrêt des exportations
Photo d'archives ; photo : GTVM92, licence CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Le gouvernement de la République islamique a attribué la démission du ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, à des « raisons personnelles ». Selon Iran International, Mehdi Tabatabaei, adjoint chargé de la communication et de l'information au bureau du président, a déclaré que Paknejad avait démissionné depuis longtemps et que Masoud Pezeshkian avait finalement accepté sa démission à sa propre insistance.

Pezeshkian a accepté la démission de Paknejad dans la soirée du dimanche 4 octobre 2026 et a nommé Hamid Bord, directeur général de la Compagnie nationale iranienne du pétrole, ministre du Pétrole par intérim. Paknejad occupait ce poste depuis août 2024.

L'affaire des intermédiaires et des « mandataires » des ventes de pétrole

Cette démission intervient alors que l'attention se porte de plus en plus sur le réseau d'intermédiaires sur lequel la République islamique s'appuie pour contourner les sanctions et vendre son pétrole. Le 8 septembre, Iran International avait rapporté, en s'appuyant sur deux documents confidentiels du ministère du Pétrole et du Conseil suprême de sécurité nationale, que d'importantes cargaisons de pétrole avaient été cédées à crédit et avec de fortes remises à quatre « mandataires » endettés. Le rapport présentait Mohammad Javad Bavand, assistant spécial de Paknejad chargé de superviser le commerce pétrolier, comme la figure centrale de la gestion du nouveau réseau d'intermédiaires.

Selon Rigzone, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni-Ejei, avait déjà critiqué les mandataires accusés de ne pas avoir rapatrié les recettes des ventes de pétrole. Les responsables gouvernementaux n'ont fait état d'aucun lien entre cette affaire et la démission du ministre.

Le siège de la Compagnie nationale iranienne du pétrole à Téhéran. Photo d'archives ; photo : GTVM92, licence CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Le siège de la Compagnie nationale iranienne du pétrole à Téhéran. Photo d'archives ; photo : GTVM92, licence CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Exportations à l'arrêt et économie sous pression

Selon Rigzone, le blocus naval américain dans le golfe Persique a interrompu les exportations de pétrole de la République islamique, sa principale source de devises, et contraint Téhéran à réduire sa production ; dans le même temps, les pénuries d'essence et de gaz naturel se sont aggravées en raison de la guerre. Avant sa démission, Paknejad avait affirmé que les recettes du pétrole déjà vendu étaient toujours en cours de recouvrement. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait au contraire affirmé qu'aucune cargaison de pétrole iranien ne serait en mer au cours de la première semaine d'octobre.

Le Guardian a lui aussi replacé cette démission dans le contexte d'une forte baisse des recettes pétrolières, d'une inflation galopante et d'une contraction de l'économie iranienne. Aucune autre raison officielle n'a été donnée pour le départ du ministre.

Le gouvernement a qualifié de personnelle la démission du ministre du Pétrole, mais elle est survenue au plus fort de l'arrêt des exportations et de l'affaire des intermédiaires.

Sources

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