Le Fonds monétaire international a prévu, dans sa nouvelle édition des « Perspectives de l'économie mondiale » publiée le mardi 13 octobre 2026 lors des assemblées annuelles du Fonds et de la Banque mondiale à Bangkok, que l'économie iranienne se contractera de 7,6 % en 2026. Le Fonds attribue la contraction de l'économie iranienne au durcissement des sanctions et au blocus naval américain.
Ce chiffre est plus pessimiste que les estimations précédentes du Fonds lui-même. En avril de cette année, après le début de la guerre, le FMI avait prévu pour l'économie iranienne une croissance de −6,1 %, et dans sa mise à jour de juillet il l'avait ramenée à −5,4 % ; aujourd'hui, le détroit d'Ormuz restant fermé et les exportations de pétrole de la République islamique étant coupées, la prévision a de nouveau été revue à la baisse. Dans ses estimations précédentes, le Fonds avait fixé l'inflation des prix à la consommation en Iran pour cette année à 68,9 %.
Le Moyen-Orient, seule région en contraction
Selon l'estimation du Fonds, l'économie de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord se contractera de 2 % cette année, et c'est la seule région du monde à connaître une croissance négative en 2026. L'économie du Koweït se contractera de 16,7 %, celle de l'Irak de 16 %, celle du Qatar de 15,6 %, celle de Bahreïn de 11,3 %, celle des Émirats de 3,9 % et celle de l'Arabie saoudite de 3,3 %, et Oman est le seul pays du Conseil de coopération du Golfe à enregistrer une croissance positive.
Les prévisions du Fonds reposent sur l'hypothèse d'une réouverture progressive du détroit d'Ormuz à partir du mois iranien d'Esfand de cette année (fin février 2027) et d'un retour à la situation d'avant-guerre d'ici octobre de l'année prochaine. Le Fonds a souligné que l'incertitude restera élevée jusqu'à la fin de 2027.

L'économie mondiale et l'avertissement sur sa résilience
Le Fonds prévoit une croissance de l'économie mondiale de 3,1 % en 2026 et de 3,4 % en 2027, et estime l'inflation mondiale de cette année à 4,7 %. Silvana Tenreyro, économiste en chef du Fonds, a déclaré que ces perspectives résultent d'un choc d'offre négatif lié à la guerre de la République islamique et d'un choc de demande positif lié à l'essor des investissements dans l'intelligence artificielle, et a averti que la résilience de l'économie mondiale approche de ses limites.
Les conséquences de cette crise pour les Iraniens se sont déjà fait sentir sur les marchés : les commerçants du bazar de Téhéran ont fait état d'une inflation proche de 90 % et d'un risque de faillite, le coût du transport de marchandises de la Turquie vers l'Iran a plus que quintuplé et le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré que les exportations de pétrole de la République islamique étaient pratiquement nulles.
Pour la troisième fois cette année, le FMI a modifié ses perspectives pour l'économie iranienne, et prévoit désormais une contraction de 7,6 %.

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