L'Agence de presse des militants des droits humains (HRANA), dans un rapport publié le lundi 12 octobre 2026, a annoncé que du 31 mars au 10 octobre de cette année, au moins 94 personnes ont été tuées et 33 blessées lors d'attaques armées et d'opérations des forces militaires et de sécurité de la République islamique dans le sud-est de l'Iran, en particulier dans la province du Sistan-Baloutchistan. Selon cet organisme de défense des droits humains, l'intervalle entre ces incidents s'est raccourci ces derniers mois.
HRANA a recensé au moins 63 incidents armés sur cette période. Le type le plus fréquent a été l'attaque contre des véhicules de patrouille et des convois militaires, avec 17 cas. Quatorze autres étaient des tirs ciblés, dont sept se sont produits près du domicile ou du lieu de travail des victimes ou sur leur trajet habituel. Le rapport ne ventile pas le nombre de morts entre forces gouvernementales, simples citoyens et hommes armés.
Opérations militaires dans des zones résidentielles
Selon HRANA, les forces de la République islamique ont utilisé dans ces opérations des drones, de l'artillerie, des véhicules blindés et des armes lourdes. À Jahadabad, Gharibabad et Manzelab, des maisons et des lieux où des affrontements avaient eu lieu ont été détruits, dynamités ou incendiés. L'organisme a averti que l'emploi de telles armes dans des zones résidentielles accroît le risque de mort de civils et de destruction de leurs biens.
Ce rapport est publié quelques jours après qu'Erfan Jamalzehi, un adolescent de 15 ans, a été blessé à la tête par des tirs de forces militaires à Zahedan, sa famille réclamant que des comptes soient rendus.

Attaques récentes à Zahedan et à Jalaq
HRANA cite plusieurs incidents d'octobre. Le 2 octobre, un véhicule qui appartiendrait à la brigade Fatemiyoun, liée à la Force Qods des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), a été pris pour cible près de Zahedan par un piège explosif et des tirs. Le 7 octobre, un poste de police à Jalaq a été attaqué à la mine, au RPG et avec des armes de moyen calibre, et le 9 octobre une bombe en bord de route a visé un convoi de police près de Zahedan.
Selon HRANA, le « Front des combattants populaires », formé en décembre 2025 avec la participation de Jaïch al-Adl et de plusieurs groupes baloutches plus petits, a revendiqué six attaques, et le groupe Ansar al-Furqan une ; la plupart des attaques n'ont été revendiquées par aucun groupe ou ne peuvent être attribuées avec certitude à l'un d'eux. HRANA affirme que la concentration des organes de sécurité de la République islamique sur l'ouest et le nord-ouest du pays pendant la guerre avec les États-Unis et Israël a créé les conditions de l'extension de cette tendance dans le sud-est.
Le Sistan-Baloutchistan est l'une des provinces les plus déshéritées d'Iran, et les citoyens baloutches se plaignent depuis des années de discriminations et d'une répression généralisée. Ce même mois, la République islamique a exécuté Omar Dorostaran, accusé d'appartenir à Jaïch al-Adl, sans qu'aucun document de son procès n'ait été rendu public.
Selon HRANA, 94 personnes ont été tuées entre mars et octobre dans le sud-est de l'Iran, et la République islamique a détruit des habitations lors de ses opérations.

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